
Lettre S : Le FMI est actuellement dans sa 36ème année de succès… et de travail ! Vous en êtes le fondateur et le Président, c’est pourquoi, seniorOboulo aimerait
avoir votre avis, très autorisé, sur le marché du travail et la démarche de recherche d’emploi, abordés sous l’angle particulier des séniors en recherche d’un nouvel emploi. Je vous remercie donc de nous recevoir aujourd’hui.
Ma première question est d’ordre général et concerne votre point de vue sur la situation de l’emploi et précisément sur les difficultés que rencontrent les
seniors, sachant que notre époque est par ailleurs difficile pour tous les demandeurs d’emploi.
F.M. : Je pense en effet que la difficulté ne doit pas être vue uniquement sous l’angle de l’âge et je vais vous dire pourquoi. A mon avis, le mot essentiel est l’adéquation entre l’offre et la demande, sur le plan qualitatif. Celle ou celui
qui recherche un nouvel emploi ne doit pas se focaliser sur son âge qui serait l’obstacle numéro 1, mais d’abord et avant tout il – ou elle – doit mobiliser ses compétences acquises, son expérience réelle et les mettre en avant de sa personne,
en faire un atout véritable de sa candidature. La question de l’âge n’est pas essentielle. Il est évident que certains métiers, certaines fonctions sont logiquement plus appropriés à une personne plus jeune, qui peut-être est davantage formée aux
techniques actuelles, ou pour certains métiers, plus robuste ou plus souple physiquement. Il n’est pas nécessaire d’aller au-devant de refus qui seront logiques pour les raisons que je viens d’évoquer alors que le « senior » dispose par ailleurs
de chances réelles par le savoir-faire, l’expérience, qui sont de véritables atouts ; par exemple une bonne pratique de l’immobilier ou de la gestion. Mais il faut savoir bien les présenter.
L.S. : Pensez-vous – comme cela se dit beaucoup – qu’il y ait des réticences spécifiques de la part des employeurs vis-à- vis de l’âge des candidats ?
F.M. : Il faut être clair. Un employeur aura peut-être autant de réticence par rapport au sexe, au handicap, à une insuffisance de formation dans un domaine, où lui, veut
employer les meilleurs. En fait, là aussi tout dépendra de l’adéquation entre le profil du candidat face à celui – très précis – du poste proposé. Je ne pense pas que l’âge soit aussi essentiel que certains le croient. Il est une composante,
pas davantage.
L.S. : Dans le même esprit, certains demandeurs d’emploi seniors pensent – d’emblée – « être trop vieux » pour trouver du travail. Quelle est votre réaction ?
F.M. : Franchement, là aussi, je ne vois rien de systématique. Par contre, je pense que souvent, pour certains candidats, mettre leur âge en avant comme premier motif des
refus est simplement un réflexe de défense, un alibi « logique », humain, mais négatif, car cause de découragement et de dépression.
L.S. : Voulez-vous dire par là que le résultat peut dépendre de l’attitude, de la posture psychologique, du demandeur d’emploi face au recruteur ?
F.M. : Bien sûr, la négativité se ressent et elle fait des dégâts. Chacun à intérêt à positiver. C’est parfois difficile, mais il faut s’y efforcer, dans son propre intérêt.
L.S. : Pour terminer, quels conseils pourriez vous donner aux seniors en recherche d’emploi ?
F.M. : Là aussi je reviendrai sur le mot « adéquation ». Une candidature, un CV, une lettre de motivation, un argumentaire, doivent être appropriés à la nature de la
demande (d’où l’importance de bien l’évaluer). Dans la recherche d’emploi il y a deux stratégies possibles :
- Ou bien on cherche tous azimuts, en tirant dans tous les sens, sans cohérence, ni même réflexion de bon sens… Et alors il faut logiquement s’attendre à de nombreux échecs qui finiront par démoraliser le demandeur, ce qui n’arrangera pas sa situation
- Ou bien cette recherche est construite de manière réfléchie, cohérente en étant sélectif dans les réponses aux offres ou dans les contacts au travers des réseaux. En s’appuyant sur ses compétences. C’est en ce sens que des candidatures spontanées, bien
ciblées, seront d’excellents moyens – même s’il ne faut rien négliger, et surtout pas les offres proposées. Enfin, il faut chercher, en fonction de ses savoir-faire et de son expérience, bien sûr, mais aussi en fonction de la réalité du marché. Par exemple, personne aujourd’hui ne chercherait un emploi dans la sidérurgie… Mais au contraire, il est bon de se tourner vers les domaines « porteurs », dans notre région par exemple : les emplois d’aide à la personne ou ceux liés au Conseil en gestion, qui sont en progression régulière.
L.S. : Nous vous remercions pour cette analyse et ces conseils et nous rappelons à nos lecteurs qu’ils peuvent consulter les offres que vous proposez sur votre site :
http//:www.florianmantione.com
Ils peuvent également y déposer leur CV.
Propos recueillis par Christian PIC